Chronique #3 – The Day After Tomorrow ❄️

Description de l'article de blog :

2/5/20263 min temps de lecture

ou : quand le barbecue découvre qu’il n’était pas émotionnellement prêt pour cette vie!

Il y a des choses qu’on vous dit quand vous ouvrez une maison d’hôtes. Des choses rassurantes, du genre : “Vous allez rencontrer des gens formidables !” ou “Chaque séjour est unique !”

Ce qu’on ne vous dit pas, c’est qu’effectivement, chaque séjour EST unique. Mais parfois dans le sens où vous vous retrouvez à 7h du matin devant un bain nordique qui a vécu des choses, avec l’expression faciale de quelqu’un qui vient de découvrir une scène de crime feutrée.
Laissez-moi vous raconter.


Acte I : La salle à manger fantôme
Ici, on n’est pas un Airbnb avec boîte à clé et playlist Spotify automatique. Nous sommes une vraie maison d’hôtes, avec une exigence un peu ringarde qui ne vient pas d’un tableau Excel, mais d’un réflexe ancien : vouloir que les gens se sentent vraiment bien.
Oui. En 2026. C’est audacieux. On assume.
Donc quand nos invités nous demandent si la salle à manger est disponible, on dit oui. On prépare. On dresse la table avec amour. Nappe propre. Couverts alignés. Verres qui brillent. Petite touche florale parce qu’on a regardé trop de comptes Instagram danois.
La salle était prête à accueillir de grandes conversations, du pain chaud, peut-être même des rires. Elle attendait, digne et silencieuse, comme une actrice avant son entrée en scène.
Elle n’a jamais été utilisée.
Elle est restée là. Belle. Calme. Intacte.
Un peu comme moi, avec mes espoirs et ma naïveté de début de saison.

Acte II : Le barbecue et son destin tragique
Le barbecue, lui, a été sorti. Allumé. Prêt à remplir sa mission ancestrale : griller des trucs.
Spoiler : il a servi de décor à un dîner exclusivement composé de… pistaches.
Pas de viande. Pas de légumes. Pas même une malheureuse saucisse végétarienne pour sauver les apparences. Juste des fruits secs très sûrs d’eux, disposés autour d’un appareil de cuisson qui se demandait sincèrement pourquoi il était là.
Poupoune s’est arrêtée devant le barbecue. Elle a fixé le vide. Puis le barbecue. Puis le ciel. Je crois qu’elle a revu toute sa vie défiler devant elle. Ses rêves de chipolatas tombées par terre. Ses espoirs de merguez oubliées sur la grille.
Elle n’a rien dit. Mais elle a tout ressenti.


Acte III : Le bain nordique témoin
Ah, le bain nordique. Notre fierté. Chauffé au bois (des bûches de 33 cm, oui oui, très précis, très Scandinave). Accessible sur réservation entre 16h et 19h, parce qu’il faut le temps de le chauffer correctement et aussi parce qu’on aimerait dormir de temps en temps.
Nos invités ont réservé. On a chauffé. Tout était prêt.
Puis nous sommes allés nous coucher, avec cette douce sensation du devoir accompli.
À 23h30, présence humaine constatée.
Avec du charbon. Dans l’âtre. Pas dans l’eau, heureusement. Mais suffisamment proche pour ruiner l’ambiance, le lieu, et une partie substantielle de notre foi collective en l’humanité.
Le bain nordique n’a rien dit. Il est très bien élevé. Mais il a tout noté. Et moi aussi.


Acte IV : La scène de crime
Le lendemain matin, nous découvrons l’intérieur.
Comment dire…
Une scène de crime feutrée.
Bouteilles vides. Vaisselle poisseuse qui a manifestement vécu plusieurs vies antérieures. Plaids détrempés qui ne savaient pas qu’ils pourraient être mouillés à ce point sans être dans une machine à laver. Serviettes arrivées au bout de leur parcours émotionnel.
J’ai vu des fins de festivals plus organisées. Des lendemains de réveillon mieux gérés. Des collocations étudiantes plus propres.


Grand ménage. De printemps, d’été, d’hiver et de mi-saison réunis. Commande express de tapis neufs sur Benuta, parce que les anciens ont été déclarés : sales, fatigués, et émotionnellement traumatisés. Ils méritaient une retraite digne.
Épilogue : L’avis qui va suivre
Je me prépare intérieurement à l’avis Google.
⭐️⭐️ / 5
Motifs probables :
∙ “La salle à manger était froide” (elle n’a pas été utilisée, mais effectivement, question de perception)
∙ “Le sauna inaccessible le soir” (le sauna ferme à 19h, c’était écrit, mais on sent le grief venir)
∙ “Le barbecue n’avait pas de feu” (c’est un barbecue au gaz. Mais chacun ses croyances.)
Pendant ce temps, Chacha observe. Elle ne commente pas. Elle classe les dossiers dans sa tête. Elle sait que ce genre de séjour reviendra. Peut-être pas exactement pareil. Mais dans la même famille dysfonctionnelle.
Parce que Chacha knows. She always knows.

Note aux futurs invités :
Le sauna et le bain nordique sont accessibles sur réservation, entre 16h et 19h. Le bain est chauffé au bois (bûches de 33, oui oui 😅), par nos soins, avec amour… et un certain sens de la survie.
Merci de respecter les horaires, le lieu, les chiennes, et notre santé mentale. 💛
On vous aime quand même.